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Béton ciré sur carrelage : rénover sans tout casser

11 juillet 2026 24 min de lecture Mis a jour 11 juillet 2026

En bref

  • Béton ciré sur carrelage = rénovation de sol ou de mur sans démolition, avec peu de poussière et un chantier raccourci.
  • Sur un carrelage sain et bien préparé, ce revêtement sol tient facilement 10 à 15 ans avec une bonne protection.
  • En 2026, comptez en moyenne 40 à 120 €/m² posé pour une pose béton ciré sur ancien carrelage, selon la pièce et le niveau de finition.
  • La réussite se joue sur quatre points : adhérence du carrelage, préparation, choix du système (primaire + béton + vernis) et respect des temps de séchage.
  • En pièce humide, l’étanchéité du système complet est non négociable pour éviter fissures, taches et infiltrations dans le support.

Béton ciré sur carrelage : une rénovation sans tout casser ni exploser le budget

Le béton ciré appliqué sur un ancien carrelage répond à une demande très simple : moderniser un sol ou un mur sans vivre un chantier de démolition. Dans une salle de bain, une cuisine ou un séjour, casser le carrelage existant signifie bruit, gravats, évacuation en déchetterie et souvent reprise de la chape. La facture grimpe vite, tout comme la durée des travaux.

Le principe du béton ciré sur carrelage est différent. Le support existant est conservé et utilisé comme base. On le nettoie, on le ponce, on traite les joints et les carreaux décollés, puis on met en place un système complet : primaire d’adhérence, plusieurs couches de béton décoratif, imprégnateur et vernis. Résultat : une surface continue, sans joints apparents, qui transforme le carrelage défraîchi en revêtement lisse et contemporain.

Pour un appartement occupé, ce type de rénovation limite les nuisances. Pas de benne à gravats au pied de l’immeuble, quasiment pas de poussière de casse, et surtout une épaisseur finie faible, généralement entre 2 et 4 mm hors primaire et vernis. Cette faible épaisseur évite dans beaucoup de cas de raboter les portes ou de reprendre les seuils, ce qui compte pour un budget tenu.

Sur le plan financier, la comparaison est nette. En 2026, une dépose de carrelage avec évacuation et préparation du support tourne autour de 20 à 40 €/m² selon les régions, parfois plus en zone très urbaine. Si l’on ajoute la fourniture d’un nouveau carrelage milieu de gamme et sa pose, on atteint vite 70 à 150 €/m² tout compris. La pose béton ciré sur carrelage, elle, se situe entre 40 et 120 €/m², matériaux et main-d’œuvre inclus, suivant la pièce (sèche ou humide), la couleur et le nombre de couches de protection.

Une rénovation de 30 m² de séjour avec carrelage daté illustre bien l’écart. En solution classique (dépose + nouveau carrelage), le budget global dépasse souvent 3 000 €, déplacement compris. En béton ciré sur carrelage sain, la fourchette se tient plutôt entre 2 000 et 3 000 €, pour un rendu plus homogène et plus actuel. Ce n’est pas une économie spectaculaire au mètre carré, mais cela évite une semaine de chantier lourd et les imprévus de chape abîmée.

Le deuxième intérêt se joue sur le design intérieur. Le béton ciré ne reproduit pas l’esthétique du carrelage : il crée un sol de type minéral, continu, proche des sols coulés de locaux contemporains. Fini les joints encrassés et les effets damier. Les fabricants sérieux proposent aujourd’hui plusieurs dizaines, parfois plus de cent teintes, du gris ciment classique aux beiges chauds ou aux teintes plus soutenues. Un salon peut ainsi accueillir un sol gris perle très mat, une cuisine un ton plus soutenu, sans rupture brutale de style entre les deux pièces.

Pour un projet de rénovation globale, ce matériau devient alors un fil conducteur. Il peut recouvrir un carrelage au sol, monter sur un tablier de baignoire, une crédence de cuisine, voire un escalier béton existant. La cohérence visuelle évite l’effet patchwork de matériaux différents à chaque zone.

La limite principale ne se situe pas dans la matière, mais dans le support. Un béton ciré performant ne compensera jamais un carrelage qui sonne creux, une chape instable ou un plancher bois qui bouge à chaque pas. Sur un support sain, la technique est l’une des plus pertinentes pour rénover sans tout casser. Sur un support malade, elle masque le problème quelques mois avant que les fissures ne réapparaissent.

Béton ciré sur carrelage : avantages techniques et limites à connaître avant la pose

Avant d’acheter un kit ou de signer un devis, il faut poser les bases techniques. Le béton ciré, dans sa version moderne, est un enduit minéral à liant cimentaire ou hydraulique, chargé en poudres fines et pigments, appliqué en couches minces sur un support préparé. Ce n’est pas un « béton » de dalle, mais un système décoratif qui combine esthétique et résistance mécanique suffisante pour un usage domestique intensif quand il est bien mis en œuvre.

Le premier atout se voit immédiatement : une surface continue. Sur un carrelage de 30 x 30 ou 45 x 45 cm, les joints dessinent un quadrillage qui accroche la saleté, surtout dans les cuisines et les entrées. Le béton ciré recouvre ces joints et les fait disparaître visuellement. Le sol paraît plus large, les perspectives de la pièce sont allongées, même dans un couloir étroit. Sur des murs de douche, l’effet est encore plus net, avec des parois lisses faciles à racler après usage.

La résistance suit, à condition d’employer un système adapté. Les bétons cirés actuels supportent les zones à fort passage comme les entrées ou les pièces de vie, à condition d’être protégés par un vernis polyuréthane ou polycarbonate de bonne qualité. Une finition bien entretenue tient en général entre 7 et 12 ans sur un sol domestique avant d’exiger une révision du vernis. Sur les murs, la durée dépasse souvent cette plage, car les chocs sont plus rares.

Le point clé reste la faible porosité une fois le système complet posé. Contrairement à un carrelage poreux ou à un joint ciment non protégé, le béton ciré verni se nettoie avec une serpillère microfibre et un détergent doux. Les taches de café, de vin ou de graisse sont moins absorbées, à condition de les traiter rapidement. En milieu professionnel, des protections plus techniques existent, mais pour un logement, un vernis bi-composant correctement appliqué suffit largement.

Il serait trompeur de présenter ce matériau comme indestructible. Sur un chantier de rénovation de cuisine, un choc très ponctuel et violent, comme la chute d’une grande casserole en fonte, peut marquer la surface. La différence avec un carrelage tient dans la manière de réparer. L’artisan peut reprendre localement la zone abîmée par ponçage et ré-application, puis raviver le vernis sur l’ensemble de la pièce pour homogénéiser la teinte. Le coût reste maîtrisé si la surface reste limitée.

La question de l’étanchéité revient souvent, surtout pour les douches ou les salles de bain. Le béton ciré n’assure pas seul la protection contre l’eau. Ce rôle appartient au système complet : primaire spécial milieu humide, couches d’enduit adaptées, imprégnateur puis vernis ou résine de finition. En douche italienne, la natte ou la barrière sous-jacente (SEL, SPEC, etc.) reste la première défense contre les infiltrations. Le béton ciré vient comme une peau de finition qui doit rester intacte et bien entretenue.

Sur sol chauffant, la compatibilité inquiète parfois. Une pose béton ciré sur carrelage posé sur plancher chauffant est possible si le fabricant l’autorise, avec une mise en température progressive. Le revêtement, peu épais, transmet bien la chaleur. Il faut simplement respecter un cycle de remise en route du chauffage après travaux, généralement sur une dizaine de jours, en montant la température par paliers pour éviter les chocs thermiques.

Les limites sont claires. Le béton ciré n’est pas adapté aux supports souples (moquette, stratifié flottant, PVC clipsé) ni aux supports instables qui bougent avec le temps. Sur des marches en bois sujettes aux mouvements ou sur une terrasse extérieure gelée-dégelée en permanence, il faut recourir à des systèmes spécifiques ou à d’autres revêtements. La bonne décision consiste à réserver le béton ciré sur carrelage aux pièces intérieures, chapes bien stabilisées et murs correctement construits.

Pour un propriétaire qui cherche un revêtement sol décoratif pérenne sans chantier lourd, ces avantages techniques font la différence, à condition d’accepter la discipline de préparation que demande ce matériau.

Préparation du carrelage avant béton ciré : l’étape qui décide de la durée de vie

Sur les chantiers de rénovation, la préparation du support représente souvent la moitié du temps passé, mais c’est aussi ce qui évite les ennuis deux ans plus tard. Un béton ciré appliqué sur un carrelage mal contrôlé risque le faïençage, les micro-fissures ou le décollement des couches. Quelques vérifications simples évitent ces déconvenues.

Le premier contrôle concerne l’adhérence du carrelage. Chaque carreau doit être solidaire de son support. Le test au marteau ou à la spatule est basique mais redoutablement efficace : un son plein rassure, un son creux indique une zone à déposer ou à recoller. Dans une pièce de 20 m², trouver deux ou trois carreaux décollés n’interdit pas la technique, à condition de les reprendre avec un mortier-colle adapté et de laisser sécher avant de poursuivre.

Le deuxième point touche la planéité. Un béton ciré en couche mince ne masque pas une forte différence de niveau. Au-delà de 3 ou 4 mm de creux ou de bosse sur 2 mètres, un ragréage de préparation s’impose. Il peut être effectué sur le carrelage directement, après primaire, pour offrir une base uniforme. C’est souvent le cas dans les vieilles cuisines où l’ancien mobilier a été retiré, laissant des zones moins sollicitées qui ont bougé différemment.

La propreté du support pèse tout autant. Graisses de cuisine, résidus de produits d’entretien siliconés, cires ou anciens vernis peuvent bloquer l’adhérence. Un nettoyage énergique avec une lessive dégraissante alcaline, suivi d’un rinçage et d’un séchage complet, fait partie des travaux légers mais indispensables. Sur certains chantiers, un ponçage ou un grenaillage léger du carrelage aide à rendre la surface plus accrocheuse.

Les joints de carrelage demandent une attention particulière. Entre chaque carreau, la gorge du joint forme un creux. Sur un petit format, cette trame peut se deviner à travers le béton ciré si l’on ne la traite pas. La solution courante consiste à appliquer un enduit de rebouchage adapté ou une première passe de béton ciré plus ferme, en insistant dans les joints, avant la couche décorative. Ce temps de préparation évite l’ombre des joints qui réapparaît en lumière rasante quelques semaines après la pose.

Pour mieux visualiser les étapes et leurs enjeux, le tableau suivant résume les phases clés de préparation d’un carrelage avant application du béton ciré.

Étape de préparation Objectif Conséquence si négligée
Contrôle des carreaux (sondage) Vérifier l’adhérence et la stabilité du support Risque de décollement localisé du revêtement dans les zones creuses
Nettoyage dégraissant et dépoussiérage Éliminer graisses, poussières et produits filmogènes Mauvaise accroche du primaire, cloques ou pelage du béton ciré
Ponçage ou grenaillage léger Créer une micro-rugosité pour l’accroche mécanique Réduction de l’adhérence, sensibilité aux chocs et rayures
Rebouchage des joints et défauts Obtenir une surface plane sans creux visibles Réapparition de la trame des joints sous la finition
Ragréage si nécessaire Corriger les différences de niveau importantes Ondulations visibles, flaques d’eau en pièce humide

Une fois ces points sécurisés, vient la question du support humide ou non. En salle de bain ou cuisine, les projections d’eau sont fréquentes. Il est souvent nécessaire d’intégrer un primaire technique compatible milieu humide ou une étanchéité liquide sous-jacente sur zones sensibles (périphérie d’une douche, plinthes, angles). Ce travail reste discret, mais protège la structure du bâtiment à long terme.

Sur les murs, la logique est la même. Un ancien carrelage mural de douche doit être parfaitement solidaire et exempt de moisissures. Les joints noircis ou friables doivent être repris, quitte à retirer quelques carreaux pour vérifier le support. Là encore, ce sont ces « petits » travaux préparatoires qui distinguent un chantier qui tient dix ans d’un autre qui commence à se dégrader au bout de deux hivers.

Quand cette base est saine, le béton ciré peut exprimer tout son intérêt, et la suite du chantier devient vraiment décorative plutôt que réparatrice.

Pose du béton ciré sur carrelage : déroulé d’un chantier de rénovation type

Une fois le support prêt, la pose du béton ciré suit un protocole clair. Sur un logement occupé, il faut d’abord organiser l’espace. Le mobilier est regroupé, protégé par des bâches, et les zones de passage sont définies pour laisser les couches sécher sans piétinement. Un chantier de 20 à 25 m² se déroule généralement sur 3 à 5 jours, selon le système utilisé et les temps de séchage recommandés par le fabricant.

La première étape est l’application du primaire d’adhérence. Il se pose le plus souvent au rouleau microfibre, parfois à la brosse sur les angles. Ce primaire assure le lien entre le carrelage et les futures couches. Son temps de séchage varie, mais tourne autour de 2 à 6 heures en conditions normales. Un primaire mal appliqué, ou posé sur un support encore humide, compromet tout le chantier.

Vient ensuite la première passe de béton ciré. Elle se fait à la lisseuse inox ou au platoir, en couche fine, en serrant bien le produit. L’objectif est double : couvrir la trame du carrelage et commencer à donner la texture. Après séchage, un ponçage au grain adapté supprime les surépaisseurs et prépare la seconde couche. Cette opération génère un peu de poussière, mais rien de comparable à une dépose de carrelage.

La seconde couche est celle qui apporte la lecture visuelle définitive. Les « mouvements » de matière, les nuances et la teinte finale se jouent ici. La main qui tient la lisseuse influence le résultat : un geste très serré donnera un aspect plus nuancé, un geste plus plein offrira un rendu plus uniforme. C’est ce qui explique la différence entre une pose très artisanale et une pose plus « industrielle » sur de grandes surfaces.

Une fois la matière minérale sèche, le chantier se déplace sur la protection de surface. Selon les gammes, on trouve un imprégnateur qui pénètre la matière pour la durcir en profondeur, puis un ou deux vernis de finition. Les vernis se déclinent en mat, satiné ou brillant. Un sol de pièce de vie supporte très bien un mat ou un satiné, tandis que les plans de travail ou les zones très sollicitées profitent parfois d’un satiné plus résistant à l’abrasion.

Les systèmes sérieux précisent un temps de durcissement avant remise en service complète. On marche en chaussettes après 24 à 48 heures, on remet les meubles après 4 à 7 jours, et le point fort se joue dans les premières semaines : éviter les chaises sans patins, les roulettes dures, les tapis à sous-couche agressive. Ce temps de prudence conditionne la longévité de la protection.

Pour un propriétaire qui souhaite visualiser les étapes, la liste ci-dessous résume une pose béton ciré classique sur carrelage, en situation domestique.

  • Vérifier l’adhérence et la planéité du carrelage, réparer les carreaux creux, nettoyer et poncer la surface.
  • Appliquer un primaire adapté au support (sec ou humide), respecter strictement les temps de séchage.
  • Réaliser une première couche de béton ciré, reboucher les joints, laisser sécher puis poncer les surépaisseurs.
  • Appliquer la deuxième couche décorative, lisser soigneusement, puis laisser durcir selon les préconisations.
  • Poser l’imprégnateur et les couches de vernis, puis remettre la pièce en service progressivement.

« Un devis sans description précise du système – primaire, nombre de couches, type de vernis – doit alerter, car c’est là que se joue la durée de vie du sol. »

Sur un projet de modernisation de salle de bain, ce déroulé permet de transformer un carrelage mural orange des années 80 en parois minérales sable, avec un plan vasque coordonné, le tout sans casser les murs. Les seules zones réellement ouvertes seront celles où l’on remplace éventuellement la baignoire par une douche de plain-pied, ce qui relève d’un autre corps de métier.

En suivant ces étapes, le béton ciré sur carrelage devient un vrai outil de rénovation, pas un simple effet de mode. La pièce suivante consiste logiquement à chiffrer et comparer cette solution avec les autres revêtements possibles.

Budget, alternatives et cas d’usage : quand choisir le béton ciré sur carrelage

Pour prendre une décision, il faut positionner le béton ciré parmi les autres options de revêtement sol et mural disponibles en rénovation. Le critère ne se limite pas au prix au mètre carré. Il englobe la durée de vie, le confort, l’adaptation à la pièce et l’impact sur le chantier. Un sol stratifié à 20 €/m² peut sembler imbattable, mais s’il impose la dépose du carrelage et ne tient que quelques années en pièce humide, l’arbitrage change vite.

En 2026, pour un particulier qui fait appel à une entreprise, les ordres de grandeur suivants s’observent fréquemment :

– Béton ciré sur carrelage : 40 à 120 €/m² posé, selon la complexité de la pièce (beaucoup d’angles, d’éléments sanitaires), le type de système (milieu sec ou humide) et la gamme de finition. Un salon rectangulaire au sol avec peu de découpes se situe plutôt dans la moitié basse, une douche intégrale en béton ciré dans la moitié haute.

– Carrelage traditionnel (dépose + nouveau carrelage) : 70 à 150 €/m² tout compris. La fourchette dépend du prix des carreaux, mais aussi de la difficulté de dépose et de la planéité à récupérer. En rénovation lourde, la reprise de chape peut faire grimper la note au-delà.

– Parquet collé ou cloué, sur carrelage déposé ou avec sous-couche adaptée : 80 à 180 €/m², les essences nobles et les parquets massifs haut de gamme occupant le haut de la fourchette. En cuisine et salle de bain, cette solution reste plus délicate à tenir dans le temps.

Le tableau suivant synthétise ces éléments pour une décision plus rapide.

Solution de rénovation Prix indicatif posé (€/m², 2026) Durée de vie estimée Pièces adaptées
Béton ciré sur carrelage 40 – 120 10 – 15 ans (avec entretien du vernis) Séjour, cuisine, salle de bain, douche, escalier intérieur
Carrelage neuf (avec dépose) 70 – 150 15 – 25 ans Toutes pièces, y compris extérieures selon gamme
Parquet (collé ou cloué) 80 – 180 15 – 30 ans (ponçages possibles) Pièces sèches, parfois cuisine, rarement salle de bain

Les cas où le béton ciré sur carrelage prend l’avantage sont clairs. Sur un sol déjà carrelé, stable, avec des hauteurs sous porte limitées, ce choix permet de rester dans une épaisseur de quelques millimètres, sans dépose. En appartement, l’absence de sans démolition majeure évite des démarches supplémentaires avec la copropriété et limite les nuisances pour les voisins.

Dans une pièce humide, la possibilité de traiter à la fois les murs et le sol avec le même matériau assure une continuité visuelle que le carrelage multi-formats ne permet pas toujours. Une douche avec parois et receveur en béton ciré, bien étanchée, offre un résultat très contemporain, recherché dans beaucoup de rénovations de logements urbains.

Sur le plan du confort, la sensation sous le pied diffère de celle d’un carrelage. Le béton ciré reste un matériau minéral, donc frais, mais sa texture légèrement plus « douce » et l’absence de joints changent l’agrément. Couplé à un plancher chauffant, il restitue bien la chaleur du système, ce qui en fait une combinaison intéressante en maison récente ou en rénovation de grande pièce de vie.

En revanche, pour un projet d’investissement locatif très serré en budget, avec des locataires qui renouvellent souvent, le choix peut se discuter. Un carrelage milieu de gamme, plutôt neutre, reste robuste et nécessite peu de précautions lors des emménagements successifs. Le béton ciré, lui, demande d’informer clairement sur l’entretien et d’éviter certains produits agressifs qui attaqueraient le vernis. Le calcul se fait alors entre image du logement, niveau de loyer visé et fréquence des remises en état.

Pour un particulier qui reste dans le bien et qui cherche une modernisation durable, le béton ciré sur carrelage occupe une place à part. Il combine réduction des travaux légers lourds, rendu contemporain et budget maîtrisé, à condition de sélectionner un système sérieux et une mise en œuvre rigoureuse.

Entretien, erreurs à éviter et questions fréquentes sur le béton ciré en rénovation

Une fois le chantier terminé, le sujet devient l’entretien. Un revêtement sol en béton ciré bien protégé est simple à vivre, mais certaines habitudes gagnent à être prises dès le départ. Pour le nettoyage courant, une serpillère microfibre légèrement humide et un nettoyant doux, au pH neutre, suffisent. Les détergents très alcalins, les produits anticalcaires concentrés ou les nettoyants à base de chlore fragilisent le vernis à la longue.

Les chaises, fauteuils et tables doivent être équipés de patins adaptés. Les roulettes de fauteuil de bureau, si elles sont dures, marquent plus vite la surface. Dans une cuisine, placer un tapis lavable devant l’évier protège la zone la plus sollicitée. Ce sont des gestes simples qui allongent la durée de vie de la finition de plusieurs années sans coût significatif.

Sur les chantiers déjà vus, les erreurs reviennent souvent. La première est la volonté d’aller trop vite. Ne pas respecter le temps de séchage entre deux couches, poser le mobilier lourd dès le lendemain ou laver à grande eau une douche à peine terminée provoque des problèmes de tuilage, de marques ou de taches irréversibles. Un béton ciré se manipule comme un parquet huilé ou verni neuf : quelques jours de prudence pour des années de tranquillité.

La deuxième erreur est le choix de produits bas de gamme, souvent vendus comme « tout en un ». Un véritable système comprend au minimum un primaire adapté au support, un enduit minéral compatible, un imprégnateur et un vernis dédié. La tentation d’économiser 5 ou 10 €/m² sur la protection expose à des reprises prématurées bien plus coûteuses.

La troisième erreur tient au mauvais diagnostic du support. Appliquer un béton ciré sur un carrelage fissuré parce que la dalle travaille, ou sur une chape humide, revient à recouvrir un problème structurel. Les fissures remontent tôt ou tard à travers le revêtement. Quand un artisan sérieux conseille de traiter d’abord l’humidité ou de renforcer le support, ce n’est pas un excès de prudence, c’est un retour d’expérience.

Sur le long terme, une rénovation en béton ciré peut être « rafraîchie » sans tout reprendre. Un re-ponçage léger suivi d’une nouvelle couche de vernis redonne de la profondeur à la teinte et ravive la protection pour plusieurs années. Cette opération se facture généralement entre 15 et 40 €/m² selon l’état du sol et la région, en 2026, bien en dessous d’une réfection complète.

Côté murs, l’entretien est encore plus simple. Un mur de douche en béton ciré, bien étanché, se nettoie à la raclette après usage et à l’éponge douce avec un produit adapté. L’absence de joints limite le risque de moisissures, à condition de ventiler correctement la pièce et de surveiller les points sensibles comme les angles et les percements de robinetterie.

Pour un propriétaire qui se lance, savoir comment réagir à un incident rassure. Une tache de vin oubliée sur un sol verni se traite avec un nettoyant adapté, puis, si nécessaire, par une retouche locale du vernis. Une rayure profonde nécessite l’intervention du professionnel qui a posé le système ou d’un applicateur expérimenté. Ce dernier saura reprendre la zone, fondre la retouche avec le reste de la pièce et vous indiquer les bons produits pour l’avenir.

En traitant ces aspects d’entretien dès la réflexion du projet, le béton ciré sur carrelage cesse d’être une simple matière décorative à la mode et devient un outil fiable pour rénover proprement et durablement.

Le béton ciré sur carrelage tient-il vraiment dans le temps ?

Sur un carrelage sain, correctement préparé, avec un système complet (primaire, béton, imprégnateur, vernis), un béton ciré tient en général entre 10 et 15 ans en usage domestique. La clé est l’adhérence du support et le respect des temps de séchage. Une reprise légère du vernis permet de prolonger encore cette durée sans tout refaire.

Peut-on appliquer du béton ciré sur un carrelage avec chauffage au sol ?

Oui, à condition que le fabricant du système de béton ciré indique cette compatibilité. Le carrelage existant doit être stable, et la remise en route du chauffage doit se faire progressivement, par paliers, après les travaux. L’épaisseur faible du revêtement permet une bonne transmission de la chaleur.

Faut-il toujours poncer le carrelage avant la pose du béton ciré ?

Un ponçage ou un grenaillage léger est fortement recommandé pour créer une micro-rugosité et favoriser l’adhérence du primaire. Sur certains carrelages très texturés, le fabricant peut tolérer une simple dégraissage poussé, mais en rénovation, un ponçage reste la solution la plus sûre pour la durabilité du revêtement.

Le béton ciré est-il adapté aux douches et salles de bain ?

Oui, si l’on utilise un système conçu pour les pièces humides, avec une étanchéité sous-jacente lorsque c’est nécessaire (receveur, murs de douche) et des protections adaptées. Le béton ciré seul n’assure pas l’étanchéité : ce sont le primaire, l’imprégnateur et le vernis qui garantissent la résistance à l’eau, à condition d’être appliqués dans les règles.

Quel est l’entretien courant d’un sol en béton ciré ?

L’entretien se limite à un nettoyage régulier à la serpillère microfibre avec un détergent doux, au pH neutre. Il faut éviter les produits très agressifs, les décapants forts et les brosses abrasives qui attaquent le vernis. Des patins sous les meubles et des protections sous les roulettes limitent les rayures et prolongent la durée de vie de la finition.