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Isolation des murs par l’intérieur : méthodes et coûts

11 juillet 2026 24 min de lecture Mis a jour 11 juillet 2026

En bref

  • L’isolation des murs par l’intérieur traite jusqu’à environ 25 % des pertes de chaleur d’un logement mal isolé, à condition que la toiture soit déjà performante.
  • Les principales méthodes d’isolation en intérieur sont le doublage collé, l’ossature métallique ou bois, la lame d’air ventilée, l’isolation projetée et la contre-cloison maçonnée.
  • En 2026, le coût isolation des murs intérieurs avec un artisan RGE se situe le plus souvent entre 40 et 120 €/m² fournitures et pose comprises, selon la solution retenue et l’isolant.
  • Le bon choix d’isolant pour mur intérieur se joue sur quatre critères : résistance thermique, épaisseur disponible, comportement face à l’humidité et budget.
  • Des aides publiques (MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ, TVA réduite) peuvent couvrir une part importante des travaux rénovation, sous conditions techniques et avec un artisan RGE.
  • Une pose isolation mal pensée crée des ponts thermiques, de la condensation et des moisissures ; une pose soignée améliore durablement les performances thermiques et la valeur du bien.

Isolation des murs par l’intérieur : quand la choisir et dans quel ordre la prévoir

L’isolation intérieure des murs attire beaucoup, parce qu’elle ne touche pas à la façade et reste moins chère que l’isolation par l’extérieur. Pourtant, ce n’est pas la première étape d’une rénovation énergétique, et ce n’est pas la bonne réponse dans tous les logements. Le bon ordre de travaux change la facture finale et le confort au quotidien.

Sur un logement ancien construit avant les années 1975, les pertes de chaleur passent d’abord par la toiture, puis par les murs, les fenêtres et enfin les planchers. Tant que la toiture ou les combles ne sont pas correctement traités, mettre tout le budget sur l’isolation des murs ne donne pas le meilleur retour sur investissement. Une toiture mal isolée laisse filer jusqu’à 30 % de la chaleur. Les murs tournent autour de 20 à 25 % de déperditions dans une maison sans isolation sérieuse.

Un propriétaire qui envisage des travaux doit donc d’abord vérifier trois points. D’abord l’état de l’isolation des combles, perdus ou aménagés. Ensuite le type de chauffage et sa consommation réelle sur un hiver complet. Enfin l’état des menuiseries donnant sur l’extérieur. Ce diagnostic simple, parfois complété par un DPE récent, permet de décider si le budget doit partir en priorité sur les murs ou non.

Lorsque la toiture est déjà isolée correctement et que les fenêtres sont au moins en double vitrage, l’isolation des murs par l’intérieur devient un levier clair de réduction consommation énergétique. Les parois intérieures cessent d’être froides, ce qui réduit la sensation de paroi glacée et permet souvent de baisser la consigne de chauffage de 1 à 2 °C pour le même confort. Sur une maison chauffée au gaz ou au fioul, ce simple écart représente plusieurs centaines d’euros par an.

La question de l’aspect extérieur compte aussi. Dans les centres anciens, les lotissements soumis à un règlement de lotissement strict ou les maisons mitoyennes, modifier la façade peut être limité ou refusé. Dans ces cas, l’isolation des murs intérieurs devient la seule manière sérieuse de traiter les parois verticales. Elle évite aussi les démarches d’urbanisme plus lourdes, même si elle impose des travaux à l’intérieur du logement et parfois un déménagement de quelques pièces pendant la durée du chantier.

Le comportement des murs joue un rôle décisif. Un mur en blocs béton récents accepte bien des isolants synthétiques ou des laines minérales classiques. À l’inverse, un mur en pierre ancienne, perspirant, demande plus de prudence sur les matières isolantes. Poser un isolant totalement étanche à la vapeur sur un mur qui « respire » encore crée, dans le temps, des condensations cachées et des dégradations de maçonnerie. Dans ces configurations, les isolants biosourcés (fibres de bois, chanvre, ouate de cellulose) ou certains systèmes avec lame d’air maîtrisée gardent un meilleur équilibre.

Dans un immeuble en copropriété, l’isolation intérieure se décide souvent appartement par appartement, faute de décision collective pour une isolation des murs par l’extérieur. La perte de surface habitable devient alors un point sensible. Un doublage classique avec 12 à 16 cm d’isolant plus parement retire généralement de 5 à 8 cm par mur. Sur un salon de 5 x 4 m, traité sur deux murs, cela représente environ 0,5 à 1 m² perdus. Ce n’est pas neutre, mais la baisse de charges de chauffage et la revalorisation énergétique compensent souvent cette perte sur un horizon de quelques années.

En pratique, l’isolation des murs par l’intérieur se justifie dans trois cas typiques. Premier cas, toiture isolée, chauffage déjà assez performant, mais murs froids et factures encore lourdes. Deuxième cas, façade protégée ou contraintes d’urbanisme fortes, qui interdisent ou compliquent une isolation par l’extérieur. Troisième cas, rénovation lourde intérieure (réfection complète d’une pièce, redistribution des cloisons) où l’on profite du chantier ouvert pour intégrer un doublage isolant performant.

La bonne décision reste de replacer ces choix dans un plan de rénovation global, même simple. L’isolation intérieure des murs n’est pas un geste isolé ; elle interagit avec la ventilation, les menuiseries et le système de chauffage. C’est ce regard d’ensemble qui évite les mauvaises surprises, comme un logement qui devient humide après des travaux pourtant coûteux.

Méthodes d’isolation des murs par l’intérieur : doublage, ossature, lame d’air et systèmes projetés

Une fois la décision prise de traiter les murs, la question suivante porte sur la méthode. Toutes les techniques d’isolation intérieure ne donnent pas le même résultat sur la surface habitable, le budget et les performances thermiques. Certaines conviennent bien à un mur neuf, parfaitement droit, d’autres rattrapent des supports très irréguliers sans gros travaux de maçonnerie.

Doublage collé sur mur intérieur : solution rapide mais exigeante sur le support

Le doublage collé consiste à coller directement sur le mur des panneaux composites qui intègrent isolant et plaque de plâtre. Les complexes polystyrène expansé + BA13 ou polyuréthane + BA13 dominent ce marché, car leur épaisseur est contenue pour une résistance thermique élevée. En 2026, le coût avec pose par un artisan se situe généralement entre 40 et 100 €/m² selon l’isolant et l’épaisseur.

Cette solution réduit peu la surface intérieure, ce qui en fait un bon choix dans des pièces déjà petites. Mais elle impose un support très plan et sain. Sur un mur qui ondule ou qui présente des défauts de plus de quelques millimètres, le collage laisse des vides et donc des ponts thermiques et acoustiques. C’est la raison pour laquelle ce doublage est plus fréquent en construction neuve qu’en rénovation lourde sur bâti ancien.

Sur un chantier, la pose suit un ordre simple mais strict. D’abord dépoussiérage et traitement des éventuelles remontées d’humidité. Ensuite traçage de l’aplomb et découpe des plaques. Enfin collage par plots réguliers et calage au sol et au plafond. La préparation en amont des gaines électriques limite les percements ultérieurs dans l’isolant. Une fois les joints de plaques réalisés, la paroi est prête pour les finitions peinture ou papier peint.

Isolation sous ossature métallique ou bois : la méthode la plus polyvalente

L’ossature métallique ou bois est la méthode qui s’adapte au plus grand nombre de situations. Des rails et montants sont fixés au sol et au plafond, puis des montants intermédiaires créent une structure dans laquelle l’isolant est inséré. Il peut s’agir de laine de verre, laine de roche, laine de bois, chanvre, ouate de cellulose en panneaux. La finition se fait en plaque de plâtre vissée sur l’ossature.

Cette technique supporte mieux les murs irréguliers, car ce sont les rails qui donnent le plan fini du doublage, indépendamment des défauts du mur existant. Elle offre aussi un vrai volume pour passer les réseaux (électricité, plomberie légère), ce qui simplifie beaucoup les aménagements ultérieurs. Le revers est une perte de volume plus importante : 12 à 18 cm en général entre mur et parement, parfois plus pour atteindre une résistance thermique visée de R = 4,5 à 5 m².K/W.

Côté budget, une isolation sous ossature réalisée par une entreprise RGE se facture le plus souvent entre 40 et 80 €/m² fourniture et pose. Le bas de fourchette correspond à des laines minérales standard et des épaisseurs intermédiaires. Le haut de fourchette concerne des isolants biosourcés plus coûteux ou des chantiers avec beaucoup de découpes et de points singuliers (angles, gaines, menuiseries).

Isolation par lame d’air et contre-cloison maçonnée : cas particuliers exigeants

La technique par lame d’air garde une distance d’au moins 2 cm entre le mur existant et l’isolant. Cette lame peut être ventilée ou non selon la configuration. Elle est surtout intéressante sur des murs poreux ou très exposés aux intempéries, où l’on veut maintenir un certain échange d’humidité sans enfermer le mur. Les panneaux isolants sont fixés sur des tasseaux bois ou métal, puis un parement vient fermer le tout.

Le coût de ce type de système se rapproche du doublage collé, avec des fourchettes fréquentes de 25 à 60 €/m² en fourniture et main-d’œuvre, mais il prend plus de place dans la pièce. La mise en œuvre demande un vrai soin sur la continuité de la lame d’air et des jonctions, sous peine de perdre l’intérêt du dispositif.

La contre-cloison maçonnée est une autre solution, plus lourde. Elle consiste à monter un second mur, souvent en carreaux de plâtre ou blocs légers, devant le mur existant. L’isolant est disposé entre les deux. Cette méthode ajoute de l’inertie côté intérieur, ce qui améliore le confort d’été. En revanche, elle pèse lourd sur le plancher et demande une vérification structurelle préalable, surtout en étage. Elle réduit fortement la surface habitable, ce qui la réserve plutôt à des pièces spacieuses ou à des projets de haut niveau de confort.

Isolation projetée : rattraper les défauts sans tout démonter

Sur certains chantiers, le mur présente des défauts de planéité importants mais l’on souhaite éviter une ossature complète. Les isolants projetés, comme la mousse de polyuréthane ou la ouate de cellulose insufflée dans des caissons, offrent une alternative. La mousse de polyuréthane projetée crée un manteau continu très performant, avec un lambda autour de 0,025 W/m.K. Elle permet d’atteindre un R élevé avec une faible épaisseur.

Cette solution reste cependant très étanche à la vapeur d’eau et peu adaptée aux murs anciens sensibles à l’humidité. Elle se rencontre davantage sur des murs en béton modernes ou en complément d’autres traitements. Le coût se situe en général dans la moyenne haute, autour de 70 à 120 €/m², main-d’œuvre incluse, selon les épaisseurs et les accès.

Quelle que soit la technique retenue, la réussite des travaux tient dans les détails : continuité de l’isolant dans les angles, traitement des liaisons plancher/plafond, et gestion des percements. C’est là que se jouent les ponts thermiques, donc une partie de la future facture de chauffage.

Matières isolantes pour murs intérieurs : minérales, naturelles ou synthétiques

Une fois la méthode de pose choisie, reste à trancher entre les différentes matières isolantes. La laine de verre garde une place importante dans l’isolation intérieure, mais les laines de bois, le chanvre ou les isolants synthétiques comme le polyuréthane ont chacun leurs forces et leurs limites. Le bon matériau n’est pas le même pour un appartement en béton et pour une longère en pierre.

Comparatif rapide des isolants courants en isolation intérieure

Le tableau ci-dessous donne un ordre d’idée des isolants les plus utilisés en 2026 pour un mur intérieur, avec leurs caractéristiques principales et un prix indicatif hors pose :

Isolant Type Conductivité λ (W/m.K) Épaisseur typique pour R ≈ 4,5 Prix moyen matériel (€/m²)
Laine de verre Minéral ≈ 0,037 16 à 18 cm ≈ 5 à 8 €/m²
Laine de roche Minéral ≈ 0,039 16 à 18 cm ≈ 8 à 12 €/m²
Fibre ou laine de bois Naturel ≈ 0,045 18 à 20 cm ≈ 18 à 22 €/m²
Ouate de cellulose (panneaux ou insufflée) Naturel ≈ 0,038 16 à 18 cm ≈ 20 à 25 €/m²
Laine de chanvre Naturel ≈ 0,045 18 à 20 cm ≈ 15 à 20 €/m²
Polystyrène expansé (PSE) Synthétique ≈ 0,034 14 à 16 cm ≈ 12 à 18 €/m²
Polyuréthane Synthétique ≈ 0,025 10 à 12 cm ≈ 35 à 45 €/m²

Ces chiffres restent indicatifs mais suffisent pour comparer. Un isolant performant avec un λ bas permet de réduire l’épaisseur, mais le surcoût au mètre carré peut doubler ou tripler la partie « matière » du devis. La main-d’œuvre, elle, varie peu avec l’isolant choisi pour une même méthode de pose.

Isolants minéraux : bon rapport prix/performance pour murs courants

Les laines minérales restent des valeurs sûres pour l’isolation intérieure des murs dans la plupart des logements récents ou en maçonnerie lourde classique. La laine de verre est légère, facile à poser en rouleaux ou en panneaux, peu chère et certifiée depuis longtemps. La laine de roche ajoute une meilleure tenue au feu et au bruit, intéressante pour les murs mitoyens ou les pièces bruyantes.

Leur principal point faible tient à la tenue dans le temps si la pose laisse passer l’humidité ou l’air. Une laine de verre mal protégée par un pare-vapeur et traversée par des fuites d’air perd vite une partie de ses performances thermiques. En revanche, sur un chantier mené proprement, avec un frein-vapeur bien jointoyé et une ventilation maîtrisée, ces matériaux offrent un bon compromis coût / confort.

Isolants naturels : confort hygrothermique et bilan carbone

Les isolants biosourcés comme la fibre de bois, la ouate de cellulose ou la laine de chanvre prennent de la place dans les projets de rénovation plus qualitatifs. Ils régulent mieux l’humidité, stockent une partie de la chaleur et améliorent le confort d’été grâce à une capacité thermique plus élevée. Dans une maison en pierre, ces matières isolantes accompagnent mieux les échanges de vapeur d’eau entre intérieur et extérieur qu’un panneau totalement hydrophobe.

Le revers tient au budget : les prix matière grimpent facilement entre 15 et 25 €/m² pour des épaisseurs courantes de 16 à 20 cm. Le surcoût global du chantier reste toutefois limité, car la main-d’œuvre ne change guère. Autre point de vigilance, la densité plus forte de certains panneaux de bois, qui alourdit le doublage et demande parfois une structure un peu plus dimensionnée.

Isolants synthétiques : performances thermiques élevées mais vigilance feu et humidité

Les isolants synthétiques comme le polystyrène ou le polyuréthane affichent des performances thermiques élevées pour une faible épaisseur. Un panneau de polyuréthane de 12 cm permet d’atteindre des résistances thermiques proches de R = 5 m².K/W, là où une laine minérale demande plutôt 16 à 18 cm. Dans des pièces très contraintes en surface, cette différence compte.

Ces matériaux ont cependant deux limites. D’une part, un comportement au feu moins favorable, avec dégagement de fumées toxiques en cas d’incendie. D’autre part, une étanchéité forte à la vapeur d’eau qui peut poser problème sur des murs anciens ou humides. Ils conviennent surtout à des murs récents bien protégés de l’eau de pluie et équipés d’une ventilation efficace.

Sur un projet où chaque centimètre compte, un complexe polyuréthane + plaque de plâtre donnera un bon niveau d’isolation sans manger trop de volume. Mais sur un bâti ancien sensible, une laine de bois ou une ouate de cellulose laisseront un mur plus sain à long terme, même au prix de quelques centimètres supplémentaires.

La question du « meilleur isolant » n’a pas de réponse unique. Le bon choix marie le support existant, la place disponible, le budget et la stratégie globale de réduction consommation énergétique du logement.

Préparation des murs, pose de l’isolation intérieure et erreurs à éviter

Avant même de parler de plaques ou de rouleaux, le travail commence sur le support. Une isolation neuve sur un mur qui prend l’eau ou sur un parement qui cloque ne tient pas dans le temps. La qualité de la pose isolation fait la différence entre un chantier qui améliore vraiment le confort et un doublage qui masque les problèmes sans les résoudre.

Assainir et vérifier le mur intérieur avant tout

La première étape consiste à vérifier l’étanchéité à l’eau de pluie côté extérieur. Une fissure ouverte, un enduit fendu, une gouttière mal positionnée ou une plinthe extérieures abîmée peuvent suffire à humidifier le mur. Tant que ces points ne sont pas traités, l’isolation intérieure risque de piéger l’humidité. L’isolant se tasse, les rails rouillent, des moisissures se développent.

Côté intérieur, les revêtements existants doivent être évalués. Un vieux papier peint vinyle ou plusieurs couches de peinture peu adhérentes posent problème. Sur beaucoup de chantiers réussis, le mur est mis à nu ou au moins gratté et dépoussiéré sérieusement avant la pose. Certaines finitions à base de chaux ou de plâtre demandent aussi une attention particulière : elles supportent mal des excès d’humidité, mais respirent bien si l’ensemble du système est cohérent.

Soigner l’étanchéité à l’air et les points singuliers

Une isolation intérieure performante ne se limite pas à empiler des centimètres d’isolant. La continuité de l’étanchéité à l’air se joue dans les détails : jonction mur/plafond, contour des fenêtres, passage des gaines. Un frein-vapeur mal jointoyé autour d’une boîte d’encastrement laisse passer un flux d’air froid qui annule une partie du travail.

Sur le terrain, les erreurs se répètent. Par exemple, une cloison doublée en laine de verre, avec une belle épaisseur, mais interrompue net au niveau d’un mur de refend ou d’un plancher bois. Cette coupure d’isolant crée un pont thermique massif. La bonne pratique consiste à faire un retour d’isolant sur ces éléments, même sur une faible largeur, pour couper le chemin de la chaleur.

Organisation du chantier et impacts sur l’occupation du logement

Un chantier d’isolation des murs par l’intérieur reste intrusif. Les meubles doivent être éloignés, parfois démontés. Les occupants vivent plusieurs jours au milieu des rails, des plaques et des passages d’artisans. Sur une maison habitée, l’organisation par zones limite la gêne : on traite deux pièces, on les remet en état, puis on passe aux pièces suivantes.

Le temps de pose dépend de la solution choisie et de la surface. Pour une maison de 100 m² de murs à isoler, un binôme d’artisans met en général 5 à 8 jours pour poser une ossature, l’isolant, le parement, puis enduire les joints. Les temps de séchage des enduits rallongent souvent le calendrier de quelques jours avant peinture ou pose de revêtements muraux.

Pour un particulier qui envisage de faire une partie des travaux lui-même, la vraie difficulté vient moins de la manipulation des panneaux que du soin à apporter aux joints, aux angles et aux raccords. C’est là que se jouent la durabilité et la performance, bien plus que dans la simple épaisseur affichée sur un emballage.

Une isolation intérieure réussie commence donc sur un mur sain, se poursuit par une mise en œuvre continue et se termine par des finitions propres qui n’abîment pas ce qui vient d’être réalisé.

Coût de l’isolation des murs par l’intérieur et aides financières mobilisables

En 2026, le prix posé au mètre carré pour l’isolation des murs par l’intérieur reste l’un des plus accessibles parmi les gros postes de rénovation énergétique. Mais entre une laine de verre sous ossature et un complexe polyuréthane haut de gamme, la facture peut varier du simple au double. Les aides publiques viennent réduire ce reste à charge, sous réserve de choisir la bonne résistance thermique et un professionnel qualifié.

Ordres de grandeur des prix au m²

Pour un mur courant, sans difficulté majeure d’accès, les fourchettes suivantes donnent un cadre réaliste, matériel et main-d’œuvre compris :

  • Isolation sous ossature métallique avec laine minérale ou biosourcée : 40 à 80 €/m².
  • Doublage collé isolant + plaque de plâtre : 40 à 100 €/m² selon l’isolant (PSE, PUR) et l’épaisseur.
  • Système avec lame d’air et panneaux : 25 à 60 €/m² dans la majorité des cas.
  • Solutions projetées hautes performances (mousse polyuréthane, systèmes spécifiques) : souvent 70 à 120 €/m².

Sur un devis détaillé, la répartition classique tourne autour de 40 % pour les matériaux (isolant, rails, plaques, bandes, consommables) et 60 % pour la main-d’œuvre, avec des variations selon la région et la complexité. Sur un exemple de 170 m² de murs traités avec ossature métallique, laine de verre R ≈ 4,5, frein-vapeur et doublage en plaque de plâtre, un total autour de 7 500 à 8 500 € HT reste typique, soit environ 43 à 50 €/m² HT.

Rôle de la résistance thermique R dans le coût et dans les aides

Pour ouvrir droit aux principales aides, l’isolation des murs doit atteindre une résistance thermique minimale. La valeur R = 3,7 m².K/W reste souvent le seuil bas dans les barèmes, mais viser un R autour de 4,5 à 5 m².K/W fait évoluer peu le coût global. Un isolant un peu plus épais augmente le prix matière de quelques euros par m², alors que le temps de pose ne change presque pas.

Sur la durée de vie d’un doublage (souvent 30 ans ou plus), ce surcoût initial se dilue largement dans les économies de chauffage et la valeur de revente du bien. Une maison qui affiche un DPE amélioré grâce à une isolation cohérente se vend mieux qu’une maison à peine au niveau minimal réglementaire.

Aides disponibles pour l’isolation des murs intérieurs

Les principaux dispositifs en 2026 restent les suivants, sous réserve de respecter les critères techniques et de passer par un artisan RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) :

  • MaPrimeRénov’ : prime calculée selon les revenus, la nature des travaux et les gains énergétiques, avec des bonus pour sortie de passoire thermique ou recours à un parcours accompagné. Les barèmes complets sont disponibles sur le site officiel France Rénov’.
  • Certificats d’économies d’énergie (CEE) : aides versées par les fournisseurs d’énergie, souvent entre 5 et 21 €/m² pour l’isolation des murs, selon la zone climatique et les revenus, via la fiche BAR-EN-102.
  • Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : emprunt sans intérêts pouvant aller, suivant le nombre de postes traités, jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour un bouquet de travaux.
  • TVA réduite à 5,5 % sur le matériel et la pose pour les logements de plus de deux ans, dès lors que les travaux visent l’amélioration énergétique.
  • Éventuelles aides locales (région, département, collectivités) à vérifier auprès des services de l’habitat ou via l’ANIL.

Les conditions précises, les montants et les plafonds évoluent régulièrement. Pour une décision fiable, la bonne démarche consiste à croiser les informations du site France Rénov’, de l’ANIL et des devis d’artisans RGE qui maîtrisent les fiches techniques exigées.

Une isolation intérieure correctement dimensionnée et financée par ces leviers transforme un mur froid en paroi confortable, tout en maîtrisant le budget global de la rénovation.

Quelle méthode d’isolation intérieure choisir pour un mur très irrégulier ?

Pour un mur très irrégulier, la solution la plus souple reste l’ossature métallique ou bois. Les rails permettent de redresser le plan sans ragréage lourd, et l’isolant (laine minérale ou biosourcée) se cale facilement entre les montants. Le doublage collé est réservé aux supports déjà plans ; l’isolation projetée peut aussi corriger certains défauts, mais son coût est supérieur et elle ne convient pas à tous les murs.

Combien coûte en moyenne l’isolation des murs par l’intérieur ?

En 2026, la plupart des chantiers d’isolation des murs par l’intérieur se situent entre 40 et 120 €/m², matériel et pose inclus, selon la méthode et l’isolant. Un projet standard sous ossature métallique avec laine minérale se place souvent dans la partie basse de cette fourchette, autour de 40 à 80 €/m², alors que des solutions plus fines ou projetées montent plus haut.

L’isolation intérieure fait-elle perdre beaucoup de surface habitable ?

Un doublage complet mange en général entre 10 et 18 cm d’épaisseur par mur, isolant et parement compris. Sur une pièce de 20 m² avec deux murs extérieurs, la perte se situe souvent autour de 0,5 à 1 m². Les isolants très performants comme le polyuréthane limitent cette perte, mais au prix d’un budget matière plus élevé et avec des contraintes d’usage à bien vérifier.

Quels sont les risques d’une isolation intérieure mal réalisée ?

Les principaux risques sont la création de ponts thermiques, une mauvaise gestion de l’humidité et des défauts d’étanchéité à l’air. Concrètement, cela se traduit par des parois encore froides par endroits, des traces de condensation, voire des moisissures cachées derrière le doublage. Une ventilation mal adaptée peut accentuer ces problèmes. D’où l’intérêt de traiter les points singuliers et de faire vérifier le projet par un professionnel.

Faut-il traiter les murs avant d’isoler par l’intérieur ?

Oui, un mur doit être sain avant de recevoir une isolation intérieure. Toute infiltration d’eau de pluie, fissure active ou remontée capillaire doit être traitée en priorité, côté extérieur comme côté intérieur. Le support est ensuite nettoyé, les revêtements non adhérents ou trop fermés sont retirés, puis l’isolant est posé sur une base propre. Sans cette préparation, la durée de vie de l’isolation et des finitions est fortement réduite.